jeudi 10 mai 2012

Benoît Maurel, l'ange musicien

Benoît Maurel
(17 Octobre 1969-4 Mai 2012)

C'est avec une immense tristesse que nous vous faisons part du décès du guitariste Benoît Maurel.
Fidèle participant des Ateliers "Sons Croisés" soit en solo, soit avec sa femme la violoncelliste Virginie Constant - Duo Goyescas -, Benoît nous enchantait par sa remarquable musicalité, sa maîtrise de l'instrument et par sa rayonnante présence. 

Voici un texte que notre directeur musical Jorge Chaminé a écrit sur Benoît Maurel et que nous partageons avec vous : 



Sursum manibus, Sursum corda !

Cet instantané fut pris lors d’un des innombrables concerts que j’ai eu l’immense joie de donner avec Benoît.
Il parle de lui-même… Mains élevées ! Elevées par cette complicité du travail accompli, du remerciement mutuel, de la tendresse amicale, d’un long et intense vécu.
J’ai connu Benoît……., mais je le connais depuis toujours !
Nos (re)trouvailles eurent lieu il y a à peu près une vingtaine d’années, quand lui et son quatuor sont venus me jouer un morceau de Guastavino. Peu de temps après, avec Virginie, ils sont venus me jouer de magnifiques arrangements pour guitare et violoncelle, faits par Benoît, de Dvorak et Falla. A partir de là, l’assiduité des rendez-vous avec Virginie et Benoît, ensemble ou séparément, me remplissaient de joie. Nous avancions ensemble dans cette merveilleuse aventure de l’être musicien. Les liens d’amitié et de confiance s’établirent vite et j’ai eu le privilège d’accompagner de près la naissance de Timothée et aussi du Duo Goyescas. En ma qualité d’ainé, je me sentais un peu le parrain de ces merveilleux événements. Dès lors, nous avons beaucoup travaillé, nous avons fait de nombreux concerts ensemble, nous avons bien voyagé : France, Portugal, Italie, Brésil… Oh le Brésil… où Virginie et Benoît, les pauvres, devaient se lever avec courage à 5 h du matin pour participer à des émissions de télévision à l’air libre et poursuivre ensuite avec des concerts. Quelques uns, comme ceux dans les favelas, resteront pour toujours dans nos mémoires ! Mémoires, si douces mémoires qui nous berceront toujours, surtout aujourd’hui, telles des mères apaisantes.
Benoît est un ange ! cela nous le savons. Un être magnifique qui, toujours, nous a dispensé soit un sourire, soit un regard profond et apaisant, soit une musicalité insérée dans la Vie, faite de fluidité, de transparence et d’harmonie. Cet ancrage dans la douceur, la tendresse, l’amitié, la fraternité, les valeurs aussi que nous partagions, me font dire aujourd’hui que dans la vie d’un être humain ce sont là les vrais trésors. Merci à toi, Benoît ! Merci d’être ce que tu es, un être de lumière, un être de paix. Nous aurions voulu faire encore tant et tant de choses…. Mais, ce jour d’avril où avec toi et Virginie nous apprenions le terrible constat de ta maladie, j’ai vu se dessiner, chez toi,  une dignité exceptionnelle devant ce terrible combat. Peu de temps après, tu venais encore à la maison en bicyclette et nous parlions de nos projets d’harmonisation de nouveaux répertoires et je te poussais à la composition… Et petit à petit ton corps te lâchait et tu continuais, si digne, à supporter cette dure épreuve….. Nous sommes partis en septembre 2009 en Italie – quel merveilleux cadeau tu m’as fait ! Nous nous sommes baignés dans la mer et je me souviens du sourire d’enfant que tu avais en recevant ces vagues que tu aimais tant ! Je me rends compte, aujourd’hui, que je suis en train de te tutoyer, ce que nous n’avions pas fait auparavant. J’espère que, dorénavant, toi aussi tu me tutoieras, comme le font deux frères !
Te dire que tu ne nous manqueras pas, serait mentir, mais je sais que là où tu te trouves, tu as déjà pris ta guitare et que les anges sont au boulot, travaillant de nouveaux morceaux avec toi.

Timothée, mon grand garçon, je voudrais te dire que tu as un Papa extraordinaire ! Tu dois être fier de lui, comme il est fier de toi !!! Il me l’a toujours dit et redit !!!
Virginie, je voudrais m’incliner devant l’immense courage qui a été le vôtre !!! Votre dignité est la preuve même du merveilleux être que vous êtes, vous aussi !
Anny et Claude, vous êtes remerciés d’avoir conçu cet être exceptionnel qui est votre fils.
Benoît, merci d’être ce que tu es !... et, de temps en temps, donne nous de tes nouvelles, car le monde sans toi est un peu triste ! et la lumière que tu nous enverras, nous éclairera le chemin !

Ton ami,
Jorge


2 commentaires:

Louis a dit…

Profonde tristesse....
Merci pour ce texte si émouvant de Jorge Chaminé.
Louis

Domingo Esteso a dit…

Magnifico